samedi 27 août 2016

Power Girl ... et des histoires sordides

Une Power girl ! Sur mes anciennes/autres galeries on peut remarquer que je la dessinais autrefois ... lorsqu'elle était à la mode ! Non pas que j'aime suivre les modes, c'est l'une des raisons pour lesquelles je crois bien que je ne vais plus sur les tables des conventions/salons : se retrouver à dessiner des persos pour lesquels on a très peu d'affinités (Deadpool) ou que je n'aime pas dessiner malgré la qualité et le potentiel du personnage (Harley Quinn) ou bien encore les personnages hyper iconiques (Batman, Wolverine) souvent abordé ou demandé et dont l'envie de les dessiner s'est altérée. D'autres personnages ne m'ont pas encore lassé : Spiderman, Wonder Woman, Daredevil, X-Men autre que Logan, etc ...

Mais revenons à cette chère Kara Zor-El dont le costume a été inventé à la période disco ! Force est de constater qu'actuellement un dessinateur se pose beaucoup plus de questions lorsqu'il dessine un personnage aussi sexualisé que PG ... mais peut-être pas les bonnes questions si il cède aux sirènes des nouveaux CCA (Comics Code Authority) militant en meutes sur les réseaux sociaux. J'entends dans certaines interviews, qui fleurissent plus nombreuses chaque jour sur la toile, que les dessinatrices amenées à dessiner des super-héroïnes sont également questionnées à ce sujet. J'adhère à l'idée que les super-héroïnes sont aussi exposées aux fantasmes des lecteurs/lectrices que les super-héros en collants.


L'hyper sexualisation des super-héros ?

A l'époque des débuts d'Image comics (1992) et pour la période-charnière 80's/90's en effet il y a eu une hyper sexualisation des super-héroïnes (Marvel et Image surtout). Mais cette récréation à but mercantile (alternative covers, swimsuit calendar, etc ....) a été sifflé par les nerds eux-mêmes, soit en décidant d'arrêter de foutre leur fric là-dedans, soit en se moquant du dessin de certains artistes qui avaient caricaturé les poses super-héroïques (masculines comme féminines d'ailleurs) à l'extrême. Au point d'explorer les frontières du ridicule pour certain (Rob Liefield). Le public de comics comme tous les autres publics, sent bien quand on le prend pour un con. D'autres objecteurs de conscience considèrent que les couvertures d'Adam Hughes contiennent du sexisme. Pas moi. Je dirai même qu'il a cloturé les 90's intelligemment et magnifiquement avec ses couvertures de Wonder Woman, à l'opposé de ce que Marvel et Image avaient proposé au début de la décennie (des héroïnes poupées gonflables influencées vestimentairement par le porno et ciblant le public de MTV).  Alors à celles et ceux qui se mettent à propager la "bonne parole" en distribuant les cartons rouges et les bons points voici ce que je dis : si t'aime pas, ne fustige pas, n'achète pas, ne promotionne pas (même négativement).
Mais c'est plus fort qu'eux, ces haters-alphas, ces meutes éphémères qui changent de cause à chaque semestre, réclament ponctuellement le spectacle de l'hallali. Ça doit faire frissonner leurs entrailles. Les chasses à l'homme qui sont offertes sur nos écran me dégoûtent.

L'épisode du vieux crocodile

Parfois je ne suis absolument pas d'accord avec les propos tenus par ceux (ou celles, si il y en a) qui vont se transformer en proie. 
Par exemple cet auteur de BD franco-belge âgé de 85 ans qui se hasardait à tenir un sermon emprunt de mysoginie à une newbie de la comicsphère française. Cet homme m'a catastrophé positivement au début. Je me suis dit un truc du genre : "oh le con, il ne sait pas où il met les pieds". J'ai même liké des commentaires qui allaient dans ce sens et qui n'étaient pas trop méchants (je les ai déliké quand j'ai estimé que cette histoire manquait complètement de dignité). Puis j'ai découvert l'âge et la carrière du monsieur en lisant le fil de commentaires provoqué par son intervention. Contextuellement, son intervention illustrait parfaitement la blague de Coluche, celle du crocodile qui se présente dans une maroquinerie (en analogie d'un chômeur qui va à l'urne).

Mais la farce a vite fini de faire son effet lorsque j'ai constaté le déluge de méchanceté. Je n'étais pas d'accord avec les propos de cet homme mais j'étais encore moins d'accord avec le sort que lui ont réservé des trentenaires, des quarantenaires, des jeunes suiveurs et suiveuses se constituant en un petit comité de salut public éphémère ou en petite entreprise d'inquisition express (vous qualifierez cela comme vous voulez) envers un homme de 85 ans ! La newbie française a bien exprimé son désir de laisser le commentaire de cet auteur de 85 ans pour que la fanbase se rendent compte de la  mysoginie qui existe dans l'industrie dans laquelle elle travaille. Moi, j'y ai plutôt entendu un appel au défoulement sur le futur supplicié qui n'avait même pas compris qu'il s'était mis tout seul au pilori.

Les "nouvelles" doctrines et leurs dogmes 

J'observe aussi des courants de pensée qui viennent aborder le comics comme un territoire à coloniser, à civiliser. Il existe des petits livres rouges (chers à Mao) qui vous disent ce que vous devez faire et penser. Mais mesdames, ça n'est pas parce que le matériau ancien du comics ne vous convenait pas qu'il faut croire ou faire croire que le comics n'était pas progressiste. Il s'inscrivait et reflétait une époque qui ne donne pas encore toute la place et la mesure que la femme souhaite acquérir dans nos sociétés, certes. Est-ce une raison pour dévaloriser les anciennes lectures qui ont permis de bâtir les nouvelles mythologies d'une pop culture qui sera centenaire à n'en pas douter ? Faut-il effacer d'un coup de tampon la craie inscrite au tableau noir qui a fait vivre récits et images dans nos mémoires ? Ce que je crois personnellement c'est que les courants féministes ou LGBT qui pointent dans le paysage comics sont composés en grande partie de nouveaux et nouvelles arrivant(e)s, guidé(e)s par des prophètes et prophétesses fraichement auto-proclamés qui orientent leurs "brebis" en fonction de leurs goûts sociaux, leurs préférences sexuelles et bien sûr leurs lectures comics. Le fait est que ces lectures préférées sont forcément récentes pour ces nouvelles tribus puisque l'industrie comics a réusi la diversification de son offre de lecture il y a peu. Est-ce une raison pour créer un clivage (qui se ressent) avec l'ancien ? Êtes-vous surs que les anciennes lectures ne renferment pas du bon ? Voir du très bon ? Même si l'histoire reste encore centré sur un héros ou que l'homosexualité des personnages est quasi inexistante. Et encore il existe des contre-exemple  à ces postulats : Nortstar (Vega en français) a été écrit comme un personnage homosexuel par John Byrne dans la division Alpha (1982) mais c'est l'éditeur de Marvel (Jim Shooter je crois) qui n'a pas voulu d'une telle liberté de ton dans un comics Marvel. J'avoue que la subtilité des propos concernant son orientation sexuelle, tenus dans les pages des origines du personnage avait échappé à l'enfant de moins de 10 ans que j'étais alors. Et toute la mise en avant des super-héroïnes dans les 70's ? Elles avaient leurs propres séries, Marvel ciblant déjà un public féminin pour agrandir la fan-base : Miss Marvel, She-Hulk, Shana, Spider-Woman, Medusa. Certains titres ont échoué dans leurs missions mais d'autres ont vivoté puis sont réapparus pour finalement s'imposer (Surtout le Spiderverse féminin du moment,Captain Marvel et bien sûr She-Hulk). Cette tentative ouverte a fini par servir de terreau expérimental, de base embryonnaire. Il aura fallu 20, 30 ou 40 ans mais il en est ressorti quelque chose. Alors je pose la question : Est-ce nécessaire de disqualifier les anciennes séries sous prétexte qu'elle ne correspondent pas à vos attentes du moment ? Arrêter vos articles clivant, svp ? Et lisez les anciens récits avant de les critiquer : tiens ! au hasard, The Dark Phoenix Saga ! Bien sûr que ça parle à toute une génération qui est la mienne mais j'ai remarqué que les auteurs actuels ne s'y référençaient plus (ou beaucoup moins) dans leurs interviews. Idem avec les blogs et les chaines Utube spécialisés. Si nous voulons que notre média préféré survive, il lui faut s'appuyer sur un socle solide. Et il n'y a pas de meilleur socle pour le comics que son histoire. Ne la bradons pas avec des clivages.

En conclusion


Je ne suis pas homo et je suis content que le comics donnent de la place à tout le monde. Je ne lirai pas tous les récits avec des personnages homo, j'en ai déjà lu (young avengers) et j'en lirai encore par curiosité mais surtout, je l'espère, pour la qualité.
Si vous voulez que les choses changent ayez la force d'effectuer le changement vous-même ... Vous verrez bien si les gens vous suivent. Une BD, un comics ou un manga ne vous a pas plu ? Ne l'achetez plus, ne le lisez plus. Vos idées, vos désirs n'apparaissent pas dans vos lectures malgré une forte investigation de votre part ? Écrivez l'histoire que vous avez toujours voulu lire. Mais à quoi ça rime de vouloir faire fermer sa gueule (même si il a tort) à une personne de 85 ans à 100 contre 1 ? A quoi va vous servir un lobbying qu'il soit subtil, agressif, exclusif ? L'histoire nous prouve que les mentalités mettent du temps pour évoluer.
Quand on est divertit on est agréablement vulnérable et plus enclin à se détourner de ce que nous sommes réellement. L'objet du désir n'est pas le plus important, ce qui compte c'est d'être sur la route qu'on a choisi. Restons concentré ! Tout ça, ça n'est que du comics ...

Power Girl

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